Chauves-souris
aux abris

Tout savoir sur les chauves-souris

Connaître les chauves-souris

Les chauves-souris font partie de l’ordre des chiroptères. Ce sont les seuls mammifères à pouvoir vraiment voler. Trop souvent victimes de fausses croyances, les chauves-souris sont jugées et chassées. Pourtant, ce sont des animaux inoffensifs. Les chauves-souris jouent même un rôle très important dans l’équilibre écologique. En effet, environ 70 % des chauves-souris du monde sont insectivores. D’autres espèces ont un rôle de pollinisateurs alors que certaines sont frugivores et vont disperser des semences un peu partout à travers différents écosystèmes.

Elles ont une longévité exceptionnelle compte tenu de leur petite taille. Certaines peuvent vivre plus de 30 ans, comme la petite chauve-souris brune qui peut vivre jusqu’à 34 ans!

Anatomie

Figure 1. Comparaison des os des membres
antérieures
© Image adaptée de l’Arizona State University - Ask A Biologist

Comme tout mammifère, l’embryon de chauve-souris se développe à l’intérieur du corps de la femelle. Celle-ci possède des mamelles pour allaiter ses petits. Déjà à la naissance, les jeunes sont pourvus d’une denture lactéale (dents de lait) et par la suite, la denture permanente (dents adultes) émerge.

Les chauves-souris sont, tout comme nous, dotées de poumons, d’un cœur à 4 chambres et contrairement à certaines croyances, elles possèdent une bonne vision et ce, même si elles utilisent l’écholocation pour leurs déplacements et pour trouver leur nourriture.

Il est intéressant de constater que les chauves-souris possèdent les mêmes os dans les membres antérieurs que nous. Il n’y a que la taille et l’arrangement qui diffèrent (fig.1). Les chauves-souris sont des organismes endothermes, c’est-à-dire qui produisent leur propre chaleur en brûlant des réserves de graisses. Elles sont également capables de faire varier leur température corporelle en fonction du milieu dans lequel elles vivent; on dit alors qu’elles sont des mammifères hétérothermes. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les chauves-souris hibernent durant l’hiver. Elles abaissent leur température corporelle près de celle de congélation, soit entre 3ºC et 6ºC.

Les chauves-souris ont une membrane entre les os des pattes antérieures qu’on nomme patagium ou membrane alaire (fig. 2). Celle-ci possède différentes sections et s’étend jusqu’au niveau de la queue formant ainsi l’uropatagium. Le patagium permet d’avoir une plus grande portance en vol et il peut servir de filet pour capturer des insectes.

Figure 2. Illustration des différentes parties du patagium des chauves-souris : A) Protopatagium, B) Chiropatagium, C) Plagiopatagium, D) Uropatagium.

Les oreilles (A) des chauves-souris sont remarquables. Elles sont grandes par rapport à la taille de la tête et des yeux. L’entrée de l’oreille est protégée par un cartilage, qu’on nomme le tragus (B). La forme, la taille et la couleur de l’oreille et du tragus sont des critères importants pour identifier les espèces (fig. 3).

Figure 3. Différentes formes et tailles d’oreilles chez certaines espèces de chauves-souris.

Les chauves-souris peuvent se suspendre la tête en bas sans déployer d’effort, en partie grâce à un tendon spécial. Le poids de l’animal fait en sorte que le tendon referme les griffes sur la surface d’appui. Le système circulatoire des chauves-souris est également muni de valves qui évitent l’accumulation de sang dans leur tête. Ces animaux nocturnes dorment ainsi enveloppés dans leurs ailes afin de conserver leur énergie. Pour s’envoler, elles n’ont qu’à se laisser tomber.

Alimentation
©Brock Fenton

Toutes les chauves-souris du Québec sont insectivores. Elles localisent leurs proies par écholocation. Il peut y avoir deux périodes de chasse en une nuit : la première débute peu après le crépuscule et peut se poursuivre jusqu’à 5 heures après le coucher du soleil. La seconde période a lieu plus tard dans la nuit. Elles sont les principaux prédateurs des insectes volants nocturnes. Une seule petite chauve-souris brune est capable de manger l’équivalent de son poids en insectes, soit environ 600 par heure et ce, en l’espace d’une seule nuit. Elles peuvent capturer des insectes tant au vol qu’au repos et elles chassent généralement au-dessus des plans d’eau, à la cime des arbres et près des sources lumineuses attirant les insectes.

Par conséquent, les chauves-souris jouent un rôle important dans l’écosystème et par la même occasion, elles rendent de grands services écologiques à la société. En effet, parmi les insectes dont elles se nourrissent, certains sont jugés nuisibles pour l’agriculture et la foresterie. Il est facile d’imaginer le nombre colossal de papillons de nuit qui ont été mangés par les chiroptères lors des grandes épidémies de tordeuses du bourgeon de l’épinette au Québec. Finalement, avoir des chauves-souris à proximité de sa demeure ou de son chalet est une solution efficace et naturelle pour réduire le nombre d’insectes indésirables dans son environnement immédiat sans l’utilisation d’insecticides ou de pesticides.

Écholocation

Les chauves-souris utilisent un système de localisation particulier : l’écholocation. Elles émettent des sons très aigus à l’aide de leurs cordes vocales. Ces ultrasons transmis par le nez ou la gueule ont une fréquence oscillante entre ≈ 20 et 120 kilohertz (kHz). La plupart sont imperceptibles pour l’oreille humaine qui perçoit des fréquences de l’ordre de 15 à 20 kHz environ. La chauve-souris cendrée est la seule espèce qui peut émettre des ultrasons inférieurs à 20 kHz perceptibles par l’homme.

La chauve-souris utilise l’écholocation pour se diriger et chasser ses proies. Elle obtient des informations sur la direction, la distance, la taille et même sur la texture de l’insecte.

Image adaptée de l’Arizona State University - Ask A Biologist

Les ondes sonores qui sont propagées se répercutent sur les éléments qui les entourent et reviennent vers les chauves-souris qui les perçoivent grâce à leurs oreilles (fig. 4). Le cerveau analyse le retour des ondes et permet aux chauves-souris d’obtenir une image mentale du paysage environnant. Plus un objet est proche et plus l’onde revient rapidement.

Chaque espèce a son propre cri. Cependant, chez une même espèce, les sons émis vont varier d’un individu à l’autre selon les activités telle que la sortie du gîte ou les différentes étapes d’alimentation : la recherche, la détection, l’approche et l’attaque de la proie. Les cris varient également selon le type d’habitat et d’environnement dans lesquels les chauves-souris se trouvent. Les biologistes utilisent ces cris, que l’on nomme sonagramme, pour identifier les espèces de chauves-souris lors d’inventaire acoustique avec des appareils spécialisés pour enregistrer des ultrasons.

Rôles des chauves-souris dans les écosystèmes du Québec
  • Les chauves-souris sont particulièrement importantes puisqu’elles sont le principal prédateur des insectes nocturnes (ex. papillons de nuit). Les chauves-souris consomment de très grandes quantités d'insectes. Un individu consomme en moyenne 600 insectes à l’heure, soit l’équivalent de son propre poids en une nuit! ;
  • Puisque les espèces du Québec sont strictement insectivores, elles contrôlent en partie les populations d’insectes. Elles nous rendent également des « services écologiques », comme la diminution des dommages aux récoltes causés par les insectes nuisibles. Elles agissent ainsi comme des « insecticides naturels » ;
  • Aux États-Unis, on évalue que les mortalités de chauves-souris associées au syndrome du museau blanc entraîneront des coûts supplémentaires de 3,7 milliards de dollars en contrôle d’insectes nuisibles pour les secteurs de l’agriculture (Boyles et al. 2011). Il n’y a pas que cette valeur monétaire, puisqu’en consommant des milliards d’insectes nuisibles cela permet de réduire l’épandage de insecticides dans les champs agricoles, et ainsi diminuer la pollution du sol et de l’eau ;
  • Leurs fèces (guano) peuvent être utilisées comme engrais naturel ;


Pour plus d’informations vous pouvez également consulter le document ci-dessous: Feuillet Participant

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